05.03.2026

On marche sur la tête !

On marche sur la tête !

On marche sur la tête !

Lors de son passage à Matignon, Michel Barnier a évoqué la nécessité d’une simplification administrative et d’une débureaucratisation. Le Premier ministre plaidait pour la suppression des comités inutiles, la réduction et la fusion des agences d’État ainsi que la limitation du millefeuille administratif.

Le Savoyard a quitté Matignon, remplacé par François Bayrou, mais les idées qu’il portait continuent de faire leur chemin. La dette accumulée et le poids des dépenses publiques dans le PIB — 57 % en 2023 — imposent des mesures d’économies.

Par quoi commencer ? La Revue du Vin de France a sa proposition : récupérer les milliards d’argent public consacrés depuis des années au dénigrement du vin dans notre pays.

Prenez l’association Addictions France, dont l’une des activités favorites consiste à poursuivre les médias coupables de présenter le vin sous un jour trop favorable. À l’heure où chacun est appelé à faire des efforts, Addictions France dispose d’une enveloppe annuelle globale d’environ cent vingt millions d’euros, avec des centaines de postes et des salaires très élevés.

En 2021, les trois plus hauts cadres dirigeants salariés de cette association — qui assimile le vin à une drogue — se sont partagé une rémunération totale de 255 357 euros provenant d’argent public.

Addictions France, Mildeca, INCa, OFDT, Fédération française d’addictologie, Société française d’alcoologie… Voilà où pourraient se trouver les économies. Au fil des années, à côté du ministère de la Santé, de Santé publique France et d’hôpitaux déjà en sous-effectif, s’est constitué un millefeuille d’agences, d’offices, d’instituts et de fédérations qui, souvent sans jamais dialoguer avec des vignerons ou des restaurateurs, consacrent une large part de leur activité à critiquer le vin, sa culture et ceux qui le produisent ou le consomment.

Fin 2023, Santé publique France a lancé une campagne télévisée. Le message ? Expliquer aux Français qu’il ne faudrait plus trinquer avec un verre de vin en disant joyeusement « Santé ! ». Le slogan fera date : « Ce n’est pas un peu absurde de se souhaiter “bonne santé” avec de l’alcool ? »

Stop. On marche sur la tête.

Le vigneron bordelais Nicolas Thienpont, dans la lignée de générations d’amateurs et d’artistes, célèbre au contraire la beauté et la culture du vin. Il évoque ce vin « bon pour le corps, bon pour l’esprit, l’âme, la convivialité, l’environnement et la nature ». Pendant ce temps, Santé publique France dépense des millions pour expliquer aux Français qu’il faudrait arrêter de trinquer en disant « Santé ! ».

Au nom de l’histoire de France, de ses paysages et du simple plaisir de vivre, desserrons l’étau. D’une certaine manière, les agriculteurs montrent la voie.

Accablés de charges et d’obligations, les exploitants se révoltent actuellement contre les visites des agents de l’Office français de la biodiversité (OFB). Cet organisme, créé en 2019, représente une nouvelle couche du millefeuille administratif.

Son budget annuel atteint 650 millions d’euros et il emploie près de 3 000 agents, dont 1 700 « policiers de l’environnement » armés. Leur mission consiste notamment à se rendre dans les exploitations agricoles pour vérifier d’éventuels manquements aux règles de protection de la biodiversité. Depuis quelques mois, leurs interventions sont parfois très mal accueillies.

Voici venu le moment pour le vignoble, les vignerons, cavistes, restaurateurs, sommeliers et amateurs de vin de se mobiliser pour dire : assez.

Alors que le climat économique se dégrade, cessons de financer des campagnes laissant entendre que le vin serait cancérigène dès le premier verre. Démantelons les organismes publics qui placent le vin dans la même catégorie que le tabac et les substances illicites comme le cannabis, la cocaïne ou le crack — dont la consommation, contrairement à celle du vin, ne cesse d’augmenter.

Thierry Assaf
Source : RVF

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