Moins
de cinq heures après avoir quitté les rives du
Léman, voici qu’apparaissent des panneaux routiers
aux noms évocateurs : La Garde Adhémar,
la Forteresse de Mornas, Caderousse, Avignon
et bien sûr, Châteauneuf-du-Pape. L’occasion
pour la trentaine de participants de débarquer
sur l’Ile de Barthelasse, joyau vert enchâssé entre
deux bras du Rhône. La moitié des chevaliers
et accompagnants se rafraîchit dans la piscine
pendant que le reste de la troupe profite de ce
coin de verdure magnifiquement préservé par la
commune d’Avignon. Les choses sérieuses vont
commencer dès le lendemain, une bonne nuit
de sommeil est idéale pour nous préparer aux
belles découvertes et surprises que le chef Pierre
Kuonen, notre commandeur organisateur, nous
a concotées. Nos deux musiciens voyageurs,
Eric Huber et Roland Volet, rendront hommage
à l’accueil réservé par chaque domaine en
offrant un petit concert de trompette, une bien
belle façon de remercier nos hôtes.
Le programme du weekend est construit
comme une immersion dans le monde des petits
producteurs. Les professionnels sont heureux de
nous narrer leur histoire et celle de leur vin en y
mettant leur coeur et leur tête. Les parcours sont
souvent calqués sur une aventure familiale dans
laquelle chaque génération sait accueillir le sang
neuf. Indispensable pour l’innovation, tout en
gardant ses racines fermement tanquées dans
son terroir. Chaque récit est unique et exceptionnel,
et tous confirment que pour être vigneron,
il faut savoir construire dans la durée et dans
la cohérence. Loin des incantations du genre
« tous font ceci, moi je fais celà » ou « à éviter à
tout prix », les personnes qui nous ont reçues se
sont attachées à bien montrer qu’il n’existe pratiquement
aucun choix intrinsèquement mauvais,
mais que la route doit être construite patiemment
en apprenant sagement à chaque étape.
Dans un précédent article (« Je plante, donc je
suis », Grappilleur n°135), nous avions évoqué
combien la patience, l’attention, la résilience et
un grain d’humilité étaient nécessaires pour que
les gros investissements doublés d’efforts soutenus
donnent leurs beaux fruits. Et justement,
ils étaient tous très fiers de nous proposer de
déguster les fruits de ces efforts.
Chaque visite de ces deux jours bien remplis
a mis en relief une facette particulière de
ce métier ; là où l’un met l’accent sur ce que
la vigne lui apprend encore après vingt ans de
métier, l’autre a les larmes aux yeux en racontant
comment sa fille lui a annoncé qu’elle voulait
reprendre le métier. Un troisième est fier de
l’histoire de ses aieux qui ont acheté la première
parcelle au virage du XXe siècle, quand le
dernier nous a préparé un banquet champêtre
dans une somptueuse forêt. Un carré d’as en
quelque sorte, où chaque champion amène sa
patte de méthodes, de couleurs, de senteurs et
d’émotions. Nous ferons le tour complet de ces
domaines, deux portraits vous sont proposés
dans ce numéro, les deux autres suivront pour
la fin de l’année.
Rappelons que l’aire d’appellation du cru
Chateauneuf-du-Pape regroupe cinq communes
: Courthézon, Bédarrides, Sorgues,
Orange et bien sûr le village éponyme de
Chateauneuf. Du haut de sa colline abritant
les ruines du château médiéval, le village se
situe au centre de la zone d’appellation d’environ
35 km2, couverte de sols d’une qualité et
variété exceptionnelles : des safres (sables) pour
l’élégance et la finesse, des galets roulés qui
retiennent la chaleur et laissent l’eau s’infiltrer
dans les argiles rouges sous-jacentes - combinaison
parfaite pour le grenache et autres cépages
phares de la region - et enfin les calcaires et
roches fracturées qui confèrent minéralité et
structure aux vins.
Environ trois cents producteurs se partagent
3’200 ha pour douze millions de bouteilles produites
annuellement, dont 93% de vins rouges.
La vendange doit se faire obligatoirement à
la main et 30% de la production est réalisée
désormais en label bio. Le rendement se situe
en moyenne à 28 hl/ha et ne peut en aucun cas
dépasser 35hl/ha.
Dans le même numéro ()
Le Domaine Charvin a été fondé en 1851 et Laurent, à la tête du domaine depuis trente-six ans, représente la sixième génération, tout en préparant la relève avec sa fille. Le domaine s’étend sur huit ha en Châteauneuf-du-Pape et treize en Côtes du Rhône. Son vignoble bénéficie principalement de sols sablonneux et argilo-calcaires, ponctués en surface de galets roulés caractéristiques de l’appellation Châteauneuf-du-Pape.
Voilà bien une expression que tout le monde
utilise, ou pour le moins connait, depuis ses premières
dégustations de vin. La majorité d’entre
nous retire de cette expression qu’il faudrait
impérativement servir et boire le vin blanc avant
le vin rouge.
Le vin va souvent de pair avec la convivialité,
le plaisir et les beaux moments épicuriens mais il
y a une réalité à laquelle on ne peut échapper :
l’alcool… et c’est la cause principale du mal de
tête.
Résumer en quelques lignes la vie intense
de Marie-Christine relève de la gageure…
Son parcours professionnel occupe une place
très importante et en éclipse quelque peu les
moments plus personnels et intimes.
Imaginez une salle à manger en plein air, une
longue tablée accueillante, des produits provençaux
- caillettes, flan de courgettes, saucisson
de sanglier, des cagettes d’abricots fondants -
comment ne pas se sentir à l’aise dans ce coin
de paradis ?