Les Cépages Rhodaniens : La Marsanne (Grappilleur n°124)

De tous les cépages, c’est la marsanne qui présente l’origine géographique la plus identifiable puisque les ampélographes s’accordent pour lui donner Marsanne, situé dans la Drôme au nord-est de Montélimar comme berceau. La première attestation écrite date de 1171 et se trouve dans la charte de fondation de l’abbaye cistercienne de Bonlieu. Ce cépage est détruit lors des grandes invasions, plus particulièrement par les Sarrasins. Les vignes cultivées ayant échappé à ces destructions retournent à l’état sauvage s’intégrèrent aux populations de Lambrusques qui peuplaient les forêts, les buissons et les haies. D’où une apparition de nouveaux cépages, comme la marsanne à Marsanne, par croisement entre des vignes sauvages et cultivées.

Ce cépage blanc, très vigoureux et généreux, arrive à maturité à partir de la mi-septembre. Rustique, il est implanté sur des terres peu fertiles, généralement en coteaux. Il se plaît sur des sols chauds et caillouteux principalement dans les Côtes-du-Rhône septentrionales puisqu’on le retrouve sur Crozes- Hermitage, Hermitage, Saint-Joseph, Saint-Péray où il est souvent assemblé avec de la Roussane pour donner des vins capables de bien vieillir. Ceux-ci sont puissants, de faible acidité et développent des arômes floraux et de noisette au vieillissement.

On trouve également la marsanne en assemblage dans les appellations et villages des Côtes-du-Rhône méridionales, en Costières de Nîmes, sur Grignan les Adhémar, dans le Luberon et les Côtes du Ventoux. On retrouve par ailleurs ce cépage en Valais sous l’appellation Ermitage.